Le mois passé, Monik on Board se trouvait pour affaire à Hong Kong. Métropole trépidante s’il en est, mère patrie de Bruce Lee, Wong Kar Wai et… des dim sums, Hong Kong est aussi cette ville aux emblématiques tramways à impériale. Les transports hongkongais ne sauraient pour autant se limiter à ces wagonnets historiques. La ville abrite en effet, outre un port légendaire, l’un des systèmes de transport public les plus complets et les plus performants du monde. Petit rapport d’étonnement sur ce réseau d’excellence.

Une liaison aéroport de haut niveau

Premier contact avec le réseau local, l’Airport Express, exploité par MTR, opérateur historique des transports hongkongais. Loin de l’ambiance morose du RER B ou de la S9 berlinoise, le visiteur fraîchement débarqué peut en effet compter sur une liaison ferroviaire directe, fiable et ultra-moderne vers le centre-ville. Pour la modique somme de HK$100 (soit env. 12 €), celle-ci vous emmène en 25 minutes à peine, moyennant deux arrêts intermédiaires, vers Hong Kong Station, la gare centrale.

La flotte de l’Airport Express est composée de 11 trains (les A-Trains). Construits en consortium par CAF et ADtranz (aujourd’hui Bombardier), ils circulent à une vitesse maximale de 135 km/h. Il s’agit d’un matériel roulant très fonctionnel : à plancher plat intégral, équipé de deux portes par flanc de caisse, doté de larges espaces pour le stockage des bagages. Les sièges sont disposés par rang de deux (2 x 2), comme dans un matériel interurbain. L’information voyageurs à bord est évidemment de la plus grande clarté. Quant aux quais, ils sont tous équipés de portes palières intégrales. C’est autrement dit un véritable plaisir que de s’embarquer à bord de l’Airport Express, surtout après neuf heures d’avion dans les pattes. Le système, dans son ensemble, est d’une performance à nulle autre pareille.

Cerise sur le gâteau, il est même possible, sur le chemin du retour, de faire enregistrer ses bagages à la gare centrale. Espérons que ce type de service soit un jour mis en place à la gare du Nord. Au cours de la rénovation programmée de cette dernière ? Lors de la mise en service du CDG Express ? Monik on Board suivra de près l’évolution de ces deux derniers projets.

Rares sont les villes européennes ayant atteint un tel niveau de perfection en matière de liaison aéroport directe, aux exceptions notables du Heathrow Express de Londres et de l’Arlanda Express de Stockholm. Il a largement de quoi faire pâlir d’envie les décideurs du futur CDG Express qui, souhaitons-le, en prendront de la graine.

Un métro fonctionnel

Nous ne reviendrons pas sur la genèse du métro de Hong Kong, le lecteur se reportera à la littérature existante – et abondante – sur la question. Signalons tout de même les points suivants. Le métro de Hong Kong comporte 8 lignes principales. Il ressemble fort, dans sa conception, son architecture, sa structure, à ce qu’était la ligne A du RER à ses débuts : construit profond dans ses sections souterraines, avec des stations relativement espacées les unes des autres, des matériels roulants à grand gabarit (jusqu’à 3,20 m de large pour certains, nous vous laissons imaginer les capacités d’emport de tels véhicules !). La flotte du métro est composite : selon les lignes empruntées, ce sont Metro Cammell (aujourd’hui Alstom), ADTranz/CAF, Mitsubishi/Rotem Hyundai, CNR-Changchun et Kinki Sharyo/Kawasaki, pour ne citer que les principaux, qui en ont successivement équipé les trains.

S’agissant des rames de la Island Line (bleue) et de la Tsuen Wan line (rouge) – celles que nous avons le plus souvent empruntées –, elles consistent en 8 voitures équipées de 5 portes par flanc de caisse et sont toutes climatisées. Les sièges sont disposés longitudinalement, avec de larges travées. Les stations, tant les salles, les couloirs que les quais, ont été très largement conçues, systématiquement munies de portes palières, intégrales ou non. Les échanges passagers épatent par leur extraordinaire fluidité, même aux heures d’affluence. Quant à la billettique et à l’information voyageurs, elles font, là aussi, preuve de la plus grande clarté. Nous pourrions étoffer à l’envi cette liste à la Prévert. Tout cela pour dire qu’en presque tout point le métro de Hong Kong avoisine l’irréprochabilité.

Des bus nombreux

La ville est également dotée d’un dense réseau d’autobus sillonnant la ville. Il nous est fréquemment arrivé de les prendre. Les applications sur Smartphone, au premier rang desquelles Google Maps, nous ont été du plus grand secours pour nous repérer au milieu de ce fatras : trajets A/R variant en fonction du sens de circulation, arrêts malaisément identifiables, information voyageurs en temps réel souvent manquante, temps d’attente assez longs en raison du trafic. Mais, aussi complexe qu’il puisse apparaître – comme cela est souvent le cas dans une ville étrangère –, le réseau n’en demeure pas moins abondamment maillé et s’est maintes fois révélé des plus pratique, surtout par temps de forte pluie. Passé colonial oblige, il est amusant de constater combien les réseaux de surface de Londres et de Hong Kong se ressemblent, et pas uniquement pour leurs bus à impériale. Ainsi, même leurs passes sans contact portent-ils tous deux des noms de mollusque (respectivement les Oyster et Octopus cards) !

Et les trams ?

Nous ne pourrions vous quitter sans vous glisser une photo du célèbre tramway à impériale de Hong Kong, un véhicule unique en son genre dans le monde ! Vieux de plus de 110 ans, le réseau de tramway comporte 6 lignes. Il s’agit plus, dans les faits, d’un tronçon central enrichi de quelques ramifications. Compte tenu de l’important dénivelé, leur circulation se limite à la partie basse de l’île – aucun de ces fourgons brinquebalants ne se risquerait à en gravir les fortes pentes ! Fait amusant, le tramway de Hong Kong est co-exploité par RDTA, une joint venture formée de Transdev et de RATP DEV, ancien employeur de Monik en Board ! Long de 13 kilomètres, il dessert tout de même 120 stations et ne transporte pas moins de 240 000 passagers/jour.

Il y aurait naturellement foultitude de choses à rajouter sur ce réseau excessivement riche : nous n’avons malheureusement pas eu le temps d’emprunter le métro léger, ni la East Rail Line, sur laquelle circulent pourtant des rames construites par Kinki Sharyo, célèbre constructeur japonais encore absent du continent européen. Je n’ai, pour ma part, guère de critiques à formuler à l’égard des transports hongkongais : rapides, sûrs, propres, efficaces… Est-ce un hasard si MTR a récemment été élu « meilleure entreprise ferroviaire de Suède » ?

 

Sur l’actualité récente de MTR, nous conseillons l’article suivant :

http://www.globalrailnews.com/2016/11/03/mtr-announces-ma-on-shan-line-eight-car-conversion/

 

Je tiens ici à remercier tout particulièrement M. Joseph K. K. Lee qui m’a aimablement autorisé à utiliser ses photographies.

 

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